Les étudiants, les oubliés de la crise
Les étudiants, les oubliés de la crise
Chacun vit la période de crise sanitaire à sa manière. Si les plus casaniers en profitent pour se recentrer sur eux et préparer de nouveaux projets à la maison, d’autres sont en détresse psychologique et ne voient pas le bout du tunnel de cette crise. D’autres encore oscillent entre les périodes de bien-être et les périodes de découragement. Nous réagissons tous différemment face à cette situation déstabilisante. Des sondages sont régulièrement effectués sur la satisfaction ou non des étudiants face à la situation actuelle, les chiffres sont alarmants : 1 étudiant sur 3 souffre de détresse psychologique. A cette détresse psychologique s’ajoute pour certain la détresse financière. Jamais encore la situation des étudiants n’a été aussi inconfortable. L’impression de se sacrifier pour ses études renforce le mal-être des étudiants.
Nous-mêmes étudiantes, nous nous sommes renseignées sur les différentes réactions des jeunes étudiants face à cette situation. Nous vous proposons ensuite quelques conseils qui pourraient vous être utiles.
Quelles sont les raisons de ce mal-être ?
En 2020, la structure de l’école a été fortement bouleversée. Du tout au tout. Ce virus qui nous impose les 1,5 mètres de distance nous oblige au distanciel. C’est dur. Être étudiant n’a jamais été simple : la précarité, la fragilité et le séchage scolaire ne sont pas nés en 2020. Cependant, depuis plus d’un an, tout cela pèse particulièrement sur le moral des étudiants.
Un décrochage scolaire qui n’a plus de cibles
De plus en plus répandu, chez les étudiants, même les très bons qui n’ont jamais eu à douter, le décrochage scolaire fait fureur ! Il fragile les étudiants au point de les mettre dans un état dépressif ou même les pousser à commettre l’irréparable. Il prend source dans l’énorme chamboulement que nous avons connu, il nous a forcé à rompre le lien avec les professeurs et nos camarades, qui en temps normal auraient été source d’émulation. La proximité plonge les étudiants plus que jamais face à eux même, avec l’impression que les professeurs sont moins disponibles pour les épauler.
Un avenir incertain
“Et ensuite on fait quoi ?” une phrase qui procure instantanément de l’anxiété. Le manque de perspective est à son apogée chez les élèves. Consacrer des nombreuses années de sa vie à des études sans trop savoir où aller à la fin est dur et est source de démotivation.
La solitude
Elle est lourde à porter, très lourde. L’étudiant se retrouve seul face à lui-même et seul face à ses pensées. L’avantage est que notre société est plus que jamais connectée, tout cela nous permet de maintenir des relations sociales.
La précarité
La précarité étudiante ne date pas non plus d’hier malheureusement. Entre ne pas avoir de bourse mais devoir assumer un logement étudiant, ou être boursier et ne toujours pas parvenir à assumer ses frais de vie, les situations financières et mentales des étudiants sont fragilisées, car ce dernier doit se préoccuper et de ses études et de ses finances.
C’est pourquoi il existe des jobs étudiants ! encore sont-ils accessibles… Trouver un job étudiant est comparable à trouver le Saint Graal de nos jours, mission niveau difficile. Récemment de nombreux étudiants ont perdu le job étudiant qui leur permettait de payer leurs études, leur appartement et la nourriture.
Il y a également des inégalités face à l’éducation. Par exemple, certains peuvent avoir des problèmes de connexion, ou n’ont même pas d’ordinateur personnel. D’autres vivent dans un environnement bruyant, ou doivent partager leur chambre. Les cours à distance ne sont pas pratiques pour tout le monde.
Un mal être qui peut mener à l’irréparable.
Voici l’histoire de Sinega Santhirarajah, étudiante à la Sorbonne en médecine qui s’est suicidée. Elle avait 18 ans. Malheureusement, en ce début 2021 elle nous a quittés. Ce n’est pas un cas isolé. Cette jeune fille vivait isolée à cause des confinements les uns à la suite des autres. Elle était déçue car elle n’a pas eu la moyenne à ses partiels. Le manque d’encadrement et l’incertitude l’ont poussé à commettre l’irréparable. En effet, le manque de perspective pousse les étudiants à être encore plus soucieux de leurs résultats scolaires.
Mais nous le rappelons, la situation des étudiants a toujours été difficile : avant même cette période de crise, un étudiant lyonnais avait également pris la même décision que Sinega. Sa bourse lui a été retirée car il avait redoublé 2 fois la même année scolaire. Il s ‘est donc immolé en novembre 2019. C’était à cette époque un acte symbolique qui a marqué les étudiants. La précarité étudiante a toujours existé, même s’il elle ne concernait pas une grande partie. Nous étions loin de nous imaginer que 1 an plus tard elle toucherait des étudiants qui étaient auparavant à l’aise financièrement. Désormais c’est un énorme cri du cœur de la part d’une majorité d’étudiants qui demande plus de reconnaissance et d’aide de la part des institutions.
Quelques solutions pour survivre
Des repas à 1€ pour tous les étudiants sont disponibles. Les restaurants universitaires sont ouverts au moment du repas du midi et du repas du dîner. Mais cela engendre la problématique du temps de déplacement : nous devons faire le déplacement entre le restaurant universitaire et notre lieu d’habitation tout en suivant les cours. Un peu compliqué… De plus, il y a des problèmes de logistique pour le nombre de repas et le personnel encadrant qui doivent faire face à une demande plus importante. C’est pourquoi, certains restaurants offrent des repas gratuits ou peu chers. Voici quelques adresses que nous vous conseillons.
Le Reflet au 11 rue de Braque, 75 003 Paris, offre un repas à 1 euro aux étudiants en situation de précarité. Ce repas comporte entrée, plat et dessert.
En plus de venir en aide aux étudiants, ce restaurant utilise un autre concept inclusif : l’emploi de salariés porteurs de la Trisomie 21.
A la carte : des produits frais, une jolie solidarité et des rencontres humaines chaleureuses.
Tu peux réserver ton repas sur le site internet
L’isolement des étudiants créé en eux une détresse psychologique. Des solutions ont été envisagées pour répondre à ce malaise. Voici quelques aides mises en place.
Tout d’abord, la fondation FondaMental d’Ile de France a également lancé une plateforme de conseils et de téléconsultations gratuites pour les étudiants
Nous pouvons également bénéficier d’aides psychologiques. Une association d’étudiants a créé un site internet présentant tous les soutiens psychologiques disponibles dont les étudiants peuvent bénéficier et des conseils sur la santé mentale. Parmi eux, 3 tips pour prendre gratuitement soin de ta santé mentale :
- Vider ton sac : ça ne coûte rien. Que ce soit à ta famille, à tes potes ou à un service d’écoute : parler fait beaucoup de bien
- Méditer : des applications comme Mind ou Petit Bambou proposent des séances gratuites accessibles à tous.
- Se défouler : pour une séance de sport chez toi, on recommande Daily Yoga, Seven ou Goove.App
Des chèques psy sont également offerts à tous les étudiants, quels que soient leur niveau de revenus et leur parcours. Ce chèque virtuel permet d’accéder à un forfait proposant 3 consultations de 45 minutes chez un psychologue ou chez un psychiatre. Par ailleurs les Bureaux d’Aide Psychologique Universitaires ( les BAPU ) sont souvent méconnus des étudiants. Ces centres offrent des consultations aux étudiants qui ont besoin d’une aide psychologique.
Comment avoir accès aux chèques psy ?
Consulte le médecin généraliste du service de santé universitaire de ton établissement
Choisi un psychologue ou un psychiatre
Prend RDV avec le médecin choisi
Lorsque nous travaillons en distanciel, il est difficile de maintenir une concentration continue à cause des multiples distractions. Le fait de rester à la maison provoque également une solitude qui pèse sur le moral. C’est pourquoi, la Maison du Coworking a ouvert gratuitement ses portes aux étudiants pour travailler dans une ambiance conviviale et les sortir de l’isolement. Nous pouvons disposer de wifi, de thé, de café, et de la possibilité d’échanger avec d’autres travailleurs. Neuf de ces maisons se situent à Lille, une à Paris, une à Orléans et deux à Rennes. Pour pouvoir travailler dans l’endroit de travail partagé le plus proche de chez toi, il suffit de s’inscrire en ligne, de se munir de sa carte étudiant, de sa carte d’identité, et de présenter le contact d’une personne au sein de notre école.

Désormais, vous savez que des initiatives ont été prises pour vous apporter de l’aide. Vous n’êtes pas seuls !